La poudre de Vitriol et la guérison à distance



Le rosicrucien Robert Fludd pratiquait la guérison à distance avec l'aide d'un système qu’il nomme dans ses traités l'onguent de sympathie. Cette méthode était utilisée par divers médecins rosicruciens de l'époque, notamment Jan Baptist van Helmont et Kenelm Digby.


Kenelm Digby utilisait la « Poudre de sympathie » qui n’est autre qu’une préparation de vitriol pulvérisé et calciné qui devait agir, même à distance, sur les plaies et les blessures. Il écrivit en 1658 un « Discours touchant la guérison des plaies et la composition de la Poudre de sympathie ». La nature du vitriol, ou la Poudre de sympathie, selon Digby est décrit en ces termes :


« Il est composé de deux parties l'une fixe et l'autre volatile. La partie fixe est acre et caustique. La partie volatile est anodine, douce, balsamique et astringente et c'est pour cela que l'on se sert du vitriol comme d'un souverain remède dans les collyres contre les inflammations des yeux. Le baume ou huile douce de vitriol est un souverain remède contre toutes sortes de blessures qui ne sont pas mortelles. Il guérit et consolide les veines rompues.

Cette partie volatile du vitriol qui est seule emportée par le soleil (le grand distillateur de la nature) est attirée par la blessure et s'incorpore avec son sang, avec ses humeurs, avec ses esprits. On ne peut attendre d'autre effet de ce vitriol, sinon qu'il ferme les veines, arrête le sang et, qu'en peu de temps, il guérisse la plaie. »


En 1639, Erycius Mohy publia un petit ouvrage, « Eburinis Pulvis Sympatetici », dans lequel il offrit une description et une explication de la Poudre. Le principe d’action de la Poudre devait lui être communiqué par les astres ; elle en garderait la vertu d’agir à distance. Mohy justifie ce genre d’action en avançant un argument important: il lie l’idée de l’action à distance à celle de l’action par ressemblance. Étienne Félix d'Hénin de Cuviller affirme une similarité de l’action du magnétisme animal avec le souffle divin, autrement dit le Chi des chinois :


« C'est cet esprit divin, cette âme universelle, qui, d'un souffle de vie animant tous les corps, de ce vaste univers fait mouvoir les ressorts, qui remplit, qui nourrit de sa flamme féconde tout ce qui vit dans l'air, sur la terre et sous l'onde. »


Le pouvoir magnétique est donc en corrélation avec le Chi, le magnétiseur capte ce fluide universel et le transmet à la personne destinée aux soins. Il y a également un lien avec le pouvoir de l’imagination créatrice dans laquelle la pensée doit être alignée avec le geste du magnétiseur, l’intention marque ainsi le fluide universel d’une empreinte « magique ». Ce pouvoir de guérison est dupliqué grâce à la Poudre de sympathie, l’homme en possession de la Poudre et de ce pouvoir « imaginal » devient ainsi capable d’accomplir tous les miracles.


Sources :


Titre : Un chapitre de la médecine magnétique. La poudre de sympathie.

Auteur : Robert Amadou

Editions : Nizet


Article : Ziller-Camenietzki Carlos, « La poudre de Madame : la trajectoire de la guérison magnétique des blessures en France », Dix-septième siècle, 2001/2 (n° 211), p. 285-305. DOI : 10.3917/dss.012.0285. URL :

https://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2001-2-page-285.htm

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