Matérialisme spirituel

9 Dec 2017

 

Pour les Inuits, tout possède un esprit, une âme tout comme dans le Shintoïsme au Japon qui fut longtemps une religion d’état dans ce pays.

 

« Anirniq » signifie « souffle » en Inuktitut et pour les Inuits, les esprits perdurent après la mort. Une expression inuite déclare :

 

« Le grand danger de notre existence réside dans le fait que notre régime alimentaire est entièrement constitué d’âmes ».

 

Dans la société inuite, le rôle principal du chaman (angakkuq) est de rappeler à tous l’obéissance aux rituels et tabous, afin d’apaiser les esprits que lui seul a le pouvoir de voir et de contacter. L’anirniq (l’esprit, l’âme) d’une personne fait partie d’un tout transcendant, tout comme l’anirniq d’un ours polaire, d’un mammifère aquatique ou d’une plante, qui passait pour être un seul et même esprit. Parfois, l’anirniq d’une personne ou d’un animal pouvait devenir une figure respectée ou influente, par le biais d’un haut fait relaté dans un conte traditionnel.

 

Que nous arrive-t-il ?

 

Nous pouvons nous illusionner en pensant que nous nous développons spirituellement, alors qu’en fait nous usons de techniques spirituelles pour renforcer notre ego. Qu’est-ce que le respect de la vie sous toutes ses formes sans l’esprit qui se tient derrière ? Nous utilisons le mot « conscience » afin de nous rendre compte du respect que l’on doit avoir envers la Nature, et les êtres vivants alors que nous n’avons conscience que de la matérialité des phénomènes.

 

L’ours blanc se meurt et l’orgueil spirituel devient une norme pour celui qui parle au nom du vivant. Les religions deviennent matérialistes en leur pratique, ce qui compte c’est la forme et non l’esprit. L’univers ésotérique est constellé de petites et grandes étoiles egotiques. Quant au monde spirituel, il est gangrené par la simplicité du regard en manque de sens, rétrécissant l’expérience spirituelle à son besoin vital de combler sa souffrance. L’ego tente constamment d’acquérir et d’appliquer les enseignements spirituels à son propre bénéfice. Il nous faut pourfendre la rationalisation du sentir spirituel et de nos propres actions, et aller au-delà, si nous voulons réaliser la véritable spiritualité. Chacun regarde à travers le trou de sa serrure l’immensité de l’univers, ce qui n’empêche aucun spirituel a donné des leçons aux autres. 

 

L’ours blanc se meurt et le praticien ésotérique se complaît dans ses belles paroles, et le gnostique haït tout ce qui n’est pas comme lui. 

 

L’Unité fondamentale du divin est une chose bien étrangère à tous ceux qui s’en réclament. De l’orgueil à un regard simplifié, nous cherchons une réponse facile et indolore, et pour d’autres une réponse conforme à ce qu’ils veulent entendre. Pour quelle raison le regard unifié est-il si étranger aux chercheurs et praticiens qui arpentent la Voie ? 

 

La glace se dérobe sous les pieds de l’ours blanc, les abeilles s’éteignent par milliers, les étoiles s’effacent du ciel étoilé et l’homme de lumière disparaît de l’horizon. Les trois mondes sont envahis par les ténèbres et le serpent du Chaos s’engouffre dans le cœur des hommes. Il n’y a pas de spiritualité sans part de ténèbres, ni d’ésotérisme sans part de mensonge et par conséquent nous devons être attentif à ce qui se présente devant nous. 

 

L’ours blanc se meurt, il appelle les morts à la Vie.

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