Photoglyphe, l'écriture de lumière


Depuis l'aube des temps, les hommes sont en contact avec le surnaturel et la question de son existence, jadis, ne se posait pas, son existence était une évidence. Aujourd'hui, époque où tout est remis en question, le surnaturel tend à être réduit à des phénomènes physiques et purement rationnel. Ainsi, nous vivons dans une société qui observe l'immensité par une fenêtre et qui conçoit l'univers à travers cette fente. De par cette attitude, l'homme s'est débarrassé de Dieu, des dieux, des êtres de la Nature et de tout l'arrière-monde, comme disait Nietzsche, afin de voir le réel tel qu'il est. Nous voilà seuls et isolés au pays sans merveille et dans lequel chaque parcelle de matière a été décomposée afin de mieux la scruter. Tel est le mot phare de notre société : la décomposition.


L'homme moderne vit dans un monde sans âme, lui-même se regarde sans âme puisque les activités psychiques se réduisent à des activités neuronales, donc matérielles, et dans cette platitude fantomatique qui ressemble à la vie, nous respirons mécaniquement telle une pièce mécanique alimentée par un combustible à durée limitée. Le triste état du monde est à notre image. Il n'y a plus de sujet parce que tout est objectivable, y compris ma propre existence : je suis l'objet de ma propre vie. Cette croyance à l'objectivité de la matière, de la vie et de l'existence même provoque des catastrophes irrémédiables. En effet, de par cette pensée abstraite et objectivée des phénomènes du monde, l'homme a exploité la Nature et les êtres vivants, dont les hommes, comme des objets sans âmes.


Aujourd'hui, l'arrière-monde rejaillit à travers la fente laissée par la rationalité puisque nous sommes en train de redécouvrir qu'il existe bel et bien d'autres dimensions d'existences. La matière a été dématérialisée, la conscience a été délocalisée et la vie s'explique par un système cyclique plutôt qu'à travers un système linéaire unidimensionnel. Des "chamans" apparaissent ici et là et dont l'attrait principal se joue dans un rapport d'élection par des êtres surnaturels. Ces "médiums", dans le sens de personnes intermédiaires entre Terre et Ciel, touchés du doigt par le Ciel nous informent que l'arrière-monde cherche à entrer en contact avec nous, et ce par de multiples moyens. Parmi ces "ambassadeurs célestes", beaucoup ne se dévoilent pas et préfèrent rester anonyme, tel est le cas de notre interlocuteur dont le nom céleste est Kırmızı Kurt. Lorsque nous parlons de chamans, il faut l'entendre comme une aptitude innée chez l'espèce humaine à découvrir le sacré et le surnaturel, et non comme un néo-chamanisme comme il est courant de le voir aujourd'hui.


Kırmızı Kurt est un observateur du monde, c'est un homme très social mais un élan sauvage l'habite car l'appel du loup résonne en lui. Un jour, il me fit part de son regard sur le monde invisible, ou plutôt sur ce que l'on lui faisait voir. Il s'agissait de photos prisent par lui-même. Il remarqua qu'une empreinte se faisait sentir à travers un jeu de lumière, et ce même jeu résonnait avec son état d'esprit du moment de la prise, mais aussi sur la texture sur laquelle ce jeu photographique s'inscrivait, ainsi que sur l'environnement de la prise. Ces êtres surnaturels utilisent la synchronicité comme moyen d'entrer en contact avec lui, nous allons le voir. Tels les hiéroglyphes, cette écriture de lumière portait un message, à lui-même d'abord, puis aux autres par la suite. Kırmızı Kurt nomma cette écriture de lumière "photoglyphe", soit "signe-dessin de lumière". Tout comme le signe, cette écriture est un appel portant sur plusieurs niveaux de compréhension, la compréhension du signe changeant en fonction de l'observateur. Nulle exclusion de compréhension du signe puisqu'il y a une stratification de pénétration du signe lui-même, nous sommes dans une verticalité.

La première photo en tête de page est significative de cette approche. Nous pouvons remarquer sur cette photo des parallèles avec certains esprits de la Nature, spécialement ceux des aborigènes d'Australie connue sous le nom de Wandjina. Les Wandjina sont des esprits ancestraux de la mythologie des aborigènes du Kimberley, au Nord-Ouest de l'Australie, pour lesquels ils jouent un rôle de personnages créateurs et civilisateurs. Les Wandjina seraient à l'origine de l'Australie, de ses êtres vivants et de ses paysages, mais également l'organisation sociale et les lois de ces tribus seraient basées sur leurs enseignements. Les Wandjina peuvent également apparaître en tant qu'esprits contrôlant les éléments météorologiques et ils seraient responsables de la mousson. Ils sont les gardiens des eaux célestes. Ceci nous permet de rentrer de plein pieds dans le Tjukurpa, le "Temps des rêves", celui des êtres surnaturels et dont la nature se lie à notre conscience onirique. C'est la raison pour laquelle une expérience de conscience modifiée s'approche en fait du Tjukurpa puisque l'état de la personne consonne avec un état onirique. Un chaman est celui qui se rend capable d'accomplir un rêve éveillé et qui a pleinement conscience de la réalité de ce monde onirique. Il pénètre dans une aire où les Ancêtres, les défunts, les esprits de la Nature et les lois qui régissent l'univers se diffusent à travers l'ensemble des éléments de l'univers et forment la couche sous-jacente à notre réalité de tous les jours. C'est pourquoi, l'état de conscience modifiée est une réintégration à un état de conscience sous-jacent à notre conscience de veille, c'est-à-dire qu'il y a activation de la conscience de rêve et onirique à l'état de veille. C'est donc un rêve éveillé.


1. Wandjina


La compréhension d'un signe observé diffère d'une personne à l'autre du fait que nous portons notre attention sur ce qui nous attire, et en deuxième partie sur la stratification de la conscience humaine. Selon l'état d'esprit de l'observateur, un signe attire une personne sur une particularité du signifiant observé plutôt qu'une autre, c'est ainsi que chacun porte son attention sur ce qu'il l'attire. Une conscience plus attentive percevra plus amplement toutes ces particularités, au premier abord qui s'exclut mutuellement, et il pourra embrasser d'un seul regard le signe dans une vison d'ensemble. C'est ainsi qu'une particularité d'un signe n'exclut pas une autre particularité observée. A mesure de la pénétration du signe, les éléments qui semblent éparpillés selon les différents observateurs se joignent en une vision plus cohérente. Nous découvrons qu'un signe est malléable et diffère selon l'état d'esprit de l'observateur, d'une perception statique et isolée l'observateur attentif le regardera désormais comme une dynamique qui inclut toutes les tensions opposées jusqu'à toutes les absorber.


Cette même photo porte également l'empreinte d'un tore en train d’apparaître. A mon sens, il semble qu'il y ait un processus de dé-voilement à mesure que l'observateur plonge en lui-même. Autrement dit, ce monde onirique est fluide et dynamique et ne s'articule pas de la même manière que nos lois physiques stabilisées de notre réalité. Nous sommes bien en présence d'un photoglyphe dont le contenu varie en fonction de l'observateur, et dans ce jeu d'apparition la mémoire joue un rôle fondamental de reconnaissance de l'objet observé.



2. Tore

Les croyances aborigènes racontent que durant l'époque du Tjukurpa, alors que l'être humain n'avait pas encore été créé, les Wandjina vinrent du Ciel. Ils voyagèrent à travers le monde, y vivant de chasse et de cueillette à la manière des futurs aborigènes, et leurs actions donnèrent leur forme actuelle à la terre et aux êtres vivants. Chaque clan aborigène se réfère à des Wandjina mythiques, dont il serait le descendant et dont il aurait hérité ses caractéristiques : totems, parentés avec les autres clans, rituels, chants et danses, etc. Alors que leur tâche était accomplie et qu'il était temps pour eux de mourir, les Wandjina laissèrent leurs images peintes sur les rochers en souvenir de leur passage.


3. Wandjina / Tore



4. Wandjina

5. Wandjina


Sur la photo "3. Wandjina / Tore", remarqué bien le support et les signes attenants le photoglyphe. Nous y voyons l'alternance constante entre le jour et la nuit dont tous les panneaux portent l'ambivalence de deux couleurs, bleu et rouge, et tout ceci en lien avec l'interdit et le permis. Le signe du médecin sur fond rouge pourrait être vu comme signe d'appel à Kırmızı Kurt, un chaman-medecin des temps modernes. La transformation devient effective à nouveau sur la prochaine photo, "6. personnage nain et chapeau". De Tore à Wandjina, un nouveau personnage nain apparait vêtu d'un chapeau.


6. Personnage nain et chapeau


En psychologie, on vous apprendra que cette capacité à distinguer des formes sur n'importe quel support s'appelle la paréidolie. Une paréidolie est une sorte d’illusion d’optique qui consiste à associer un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable, souvent une forme humaine ou animale. Cette reconnaissance des formes sur un environnement aléatoire peut sembler expliquer également les apparitions ou enregistrements TCI (TransCommunication Instrumentale). Voici quelques exemples de paréidolie du quotidien et de TCI.


7. Paréidolie au quotidien

8. TCI - TransCommunication Instrumentale (source IFRES: http://ifres.org/resultats-transcommunication-instrumentale/)


C'est cette même faculté qui est à l'origine de notre perception des formes dans les nuages, ou encore qui agit lors des tests de Rorschach. Le test de Rorschach permet d'établir un examen psychologique de type projectif et d'approfondir en particulier un diagnostic psychopathologique préalable, en sollicitant à la fois les sens du sujet, son inconscient et sa libre interprétation. La technique projective de Rorschach permet de réaliser un bilan du fonctionnement psychique de la personne, afin de dégager les préoccupations, les fantasmes, les affects, la dynamique de changement. Une image aléatoire nous parle car nous la faisons parler.

9. Test de Rorschach

Pour les psychanalystes, la tendance à voir des visages partout est signe d'une névrose. Le cerveau structure son environnement en permanence, il transforme les informations fournies par la rétine en objets connus. La paréidolie exprime la tendance du cerveau à créer du sens par l’assimilation de formes aléatoires à des formes référencées (mémoire). C'est donc par analogie que nous structurons le monde observé et vécu. La structure d'organisation du cerveau des informations reçues s'assimile à une charpente de sens. Un objet inconnu sera agencé et référencé par similarité et ressemblance afin d'appréhender l'environnement dans lequel nous vivons. Il y a un dialogue constant entre le connu et l'inconnu, la compréhension et l'incompréhension, et, ce qui m'appartient et ce qui ne m'appartient pas en tant qu'être pensant. Ce dialogue qui se cache au cœur de notre psyché, s'établit grâce à la fonction analogique, véritable moteur structurel de notre réalité, dont l'intérêt tient également comme vecteur de force symbolique. À l'inverse de ce que nous croyons, ce n'est pas la logique formelle qui bâtit notre conscience et notre rapport au monde mais c'est la logique symbolique. Elle est la source de notre conscience de veille ainsi que de tout son mode de fonctionnement. Notre capacité à appréhender le monde découle avant tout de notre puissance d'écoute de notre force symbolique. Plus je l'entends plus je me comprends, et plus je pénètre dans les profondeurs du réel jusqu'au tréfonds de ma conscience. La couche externe de cette force symbolique nous apparaît sous une forme lisse dans lequel le temps semble s'écouler vers une direction, du passé au futur, où la logique ne semble se montrer qu'à travers des causes et des effets rationnels, de manière linéaire, où le monde parait posé devant nous et que les choses soient postées là sans rapport aucun avec ma propre existence.


La conscience la plus profonde se cache à travers le monde des apparences, celle que les psychanalystes ont dénommé inconscient, mais elle désire se monter à chaque instant or nous n'arrivons pas à l'entendre, ni à la voir, ni à entrer en contact avec elle. C'est par la force symbolique qu'elle communique, qu'elle nous communique des messages dont la teneur est personnelle au préalable. Elle se tient par delà toutes les apparences, en utilisant ce moyen de contact elle cherche à dialoguer avec la conscience diurne, celle que nous nommons le "moi". Ainsi donc, cette conscience intime s'apparente au Soi, et la force symbolique s'épanouit dans une aire de rencontre, une aire intermédiaire entre le Soi et le moi, où la conscience diurne pénètre dans le royaume onirique de Tjukurpa. Ce dialogue entre la part nocturne et la part diurne de l'homme polarise le réel et établit toutes les couches concentriques de ce même réel.

Bien loin d'une pathologie, ou encore d'une attitude suspecte, la paréidolie est naturelle puisque sa fonction sert à reconnaître l'environnement et classer les choses perçues dans un certain ordre au sein de notre psyché. La classification analogique est la source organisatrice de notre mémoire, c'est la raison pour laquelle la force symbolique agit constamment dans notre activité de conscience.


La projection psychologique appartient à ce phénomène, en effet, la conscience intime et profonde cherche par ce moyen à entrer en contact avec le moi. Seule la force symbolique permet au regard de se retourner vers lui-même et de se dé-couvrir réellement, le monde est un miroir dans lequel notre conscience intime se miroite. Depuis le regard de la conscience diurne, le moi ne se reconnaît pas à travers les phénomènes du monde extérieur, il se pense seul et s'imagine qu'il y a des autres et des choses qui l'entourent. En fait, le monde est un miroir, notre propre miroir, où toutes les énergies psychiques sont projetées comme des étincelles. Ces énergies cherchent à revenir vers l'observateur, mais nous ne les reconnaissons pas. C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'il y a un dehors et un dedans, une sphère connue et une sphère étrangère à nous-mêmes. Avant d'étayer notre argumentation sur le fonctionnement de la conscience, nous posons une première pierre, celle de la structure de la mémoire. L'ordonnancement de la mémoire et des informations reçues sont façonnées par la fonction analogique et ce de manière concentrique à l'intérieur de notre psyché. Tel est le premier point, l'analogie structure notre mémoire et notre conscience.


Dans ces paragraphes qui suivent, nous allons proposer une autre vision de la paréidolie et de sa raison d'être, le but étant d'établir une autre vision du fonctionnement de la conscience afin qu'elle ne soit plus restreinte à des forces mécaniques, comme enseignée aujourd'hui en psychologie. Cette vision inclut plusieurs couches de réalité qui s'agencent de manière concentrique auquel le schéma de sphères concentriques exposent ces multiples réalités. De la plus externe à la plus interne, notre expérience du monde est une expérience de force symbolique par laquelle il y a un inclus et un exclu, une chose reconnue et classifiée et une chose éloignée et étrangère, un dedans et un dehors. Plus une personne pénètre en elle-même, plus la force symbolique devient inclusive et l'étrangeté du monde devient reconnaissable. Autrement dit, lorsqu'une personne pénètre ses couches intrapsychiques, il fait l'expérience de la force symbolique et de la projection psychologique, et ce de manière accrue à mesure qu'elle s'approche du centre. Au niveau le plus ultime de la réalité, il n'y a plus d'inconnu, il y a seulement une Présence dont la conscience diurne prend pleinement conscience. La force symbolique, la projection psychologique et la paréidolie ont pu retrousser chemin vers la source émettrice, le Soi.

L'ensemble de notre dynamique psychique est très malléable, et c'est à travers l'analogie que l'ensemble de notre fonctionnalité intrapsychique tisse des liens sans cesse nouveau. A partir de cet état, la force symbolique structure notre réalité dans un rapport tendu vers deux extrêmes dont la première extrémité est contenue dans notre psyché tandis que l'autre extrémité est exclue de notre psyché, elle est projetée sur la surface du monde extérieur. Ces deux extrêmes coïncident avec la part maximum de notre force symbolique et la part minimum de cette même force, c'est-à-dire qu'en fait toute notre réalité est de nature symbolique. La mémoire enregistre les objets perçus et les classe selon un ordre de ressemblance et de dissemblance, c'est ainsi qu'un nouvel élément observé, non reconnu, sera organisé dans notre mémoire grâce à cette fonction analogique (reconnaissance). Lorsque nous commençons à reconnaitre l'élément observé, il s'inclut dans notre système de pensée. D'étranger, il s'intègre à notre expérience vécue et il apparait désormais comme familier. Une chose est à dégager de cette nouvelle explication, il y a couplage entre notre imagination et la force symbolique puisque c'est à travers des images que les formes observées seront classées. Les images appartiennent au jeu de l'imagination tandis que les formes s'ancrent dans un rapport symbolique. Imagination et force symbolique s'articulent mutuellement, l'un ne peut aller sans l'autre.

La force symbolique contient donc toutes les potentialités de visions de réalité, c'est la raison pour laquelle la fonction imaginative et symbolique forment un couple structurel au sein de notre conscience. Ce couple va être constamment mis à l'oeuvre dans notre rapport au monde, et à nous-mêmes. Chaque forme observée produira une image au coeur de notre psyché, c'est le rôle de l'imagination, et cette image s'agencera avec une autre image par la fonction analogique, c'est-à-dire que le semblable attire le semblable. Notre mémoire, et par conséquent toute notre réalité, dépend de ce couple imagination-symbole. La question essentielle est de comprendre la raison de ce fonctionnement. Nous proposons l'idée que le Soi tend vers deux extrêmes opposés dont l'une des tensions actes les forces psychiques tandis, que l'autre est projetée à l'extérieur de notre sphère de conscience diurne, cette part nous reste inconnue tant que notre conscience diurne n'a pas fait le pas vers cette extrémité. Le Soi s'est donc disloqué en deux parties.


Ce jeu entre les deux extrêmes s'apparente à un jeu de reconnaissance dans lequel il n'y a que nous-mêmes, car, comme nous l'avons formulé précédemment, le monde est un miroir. A mesure que nous absorbons les phénomènes du monde vécu, il me devient connu, et à mesure de cette croissance la force symbolique se fera d'autant plus pressante. C'est notre couple imagination-symbole qui interagit dans ce dialogue du Soi et du moi. Le premier est une pure unité, tandis que le second s'éparpille aux quatre coins du monde, et c'est à partir de ce dialogue que les variations d'état de conscience vont être articulées en sphère concentrique. Le Soi essaie de joindre les deux extrémités lors de cette croissance, la paréidolie découle de ce phénomène intrapsychique, mais nous restons à la surface de notre existence tant que le dialogue n'a pas été établit entre le moi et le Soi. Le moi est donc toujours tendu vers l'une des deux extrémités, soit trop vers l'extérieur, ce qui a pour conséquence l'oublie de lui-même, soit trop à l'intérieur, ce qui exclut tous les autres à l'extérieur. La force symbolique cherche donc à rétablir l'équilibre entre les deux extrémités en intégrant le monde observé à l'observateur. Les formes visibles vont donc être accoler à des images invisibles, autrement dit le monde extérieur se joint à des images psychiques afin d'en dégager une réalité. Le seul moyen de recoller les morceaux du Soi, c'est à travers la force symbolique.


De la névrose à la psychose, il y a des états plus ou moins élargit, ou concis, de la structure de la conscience dont l'articulation du monde dépend de notre rapport à notre force symbolico-imaginative. La pointe suprême de notre profondeur s'ancre dans une matrice dont la distinction, et la séparation, du monde intérieur et extérieur s'évanouit pour laisser place à un océan sans rivage. A mesure que la conscience diurne émerge de cet océan sans rivage la structure analogique tisse des liens entre le dedans et le dehors lors de la dislocation en deux parties du Soi, ceci amenant une stratification de réalité associant des degrés hiérarchiques de compréhension du monde environnant, et de nous-mêmes. Les idées vont s'assembler entre elles, comme par symbiose, les émotions vont être reliées entre elles et les désirs s'élanceront vers un dehors toujours plus vaste. La conscience diurne, le moi, émerge de cet océan sans rivage de nature inclusive et jaillit de cette profondeur en étant emportée par ses propres énergies psychiques. Ce sont ces mêmes énergies qui s'articuleront dans notre force symbolico-imaginative.


De par la force symbolico-imaginative inhérente à la conscience, qui jaillit des profondeurs afin de laisser entrevoir ses propres énergies, l'être humain est une porte vers l'indicible. Les énergies psychiques sourdent de notre profondeur et s'articulent de manière analogique, elles emploient l'environnement perçu comme une matière malléable afin d'exprimer le vécu intrapsychique. C'est ainsi que les images psychiques s'appuient sur l'expérience que nous avons du monde extérieur, de notre propre corps et de nos diverses expériences avec les puissances du monde qui nous entoure. Les images psychiques se miroitent sur notre imagination grâce à l'appuie de la matière extérieure, les formes tangibles, dont l'emploi permettront à la conscience d'exprimer son vécu et de le communiquer. En fait, je communique mon vécue intérieur (émotions, désirs, pensées) par l'intermédiaire des formes extérieures. C'est la raison pour laquelle il est illusoire de penser l'homme isolé dans un espace extérieur, toute son existence il la doit à cette relation du monde extérieur et du monde intérieur, et au couplage symbolico-imaginative.


La naissance d'un être humain est donc un éveil de la conscience diurne à une certaine réalité de sa propre existence, celle du quotidien. La stratification de la conscience, et de ses divers degrés de réalité symbolico-imaginative nous incite à penser qu'à un stade premier la paréidolie effleure la couche superficielle du réel. Elle nous bloque dans une perception de type image 7 et 8 (photos), puisque nous n'arrivons pas à dépasser cette limite. Les énergies intrapsychiques ne peuvent se faire entendre et la fonction symbolico-imaginative reste au point mort, car la conscience diurne ne reconnaît pas ses propres énergies qu'elle pose devant elle. Ces énergies sont similaires à celles du psychanalyste Carl Gustave Jung nomme les archétypes, autrement dit les archétypes sont de nature physiologique et psychique (psychophysique).


Lorsque l'effort est fait pour comprendre ce phénomène par une personne qui en fait l'expérience, il se rend compte tout d'abord du jeu illusoire de la paréidolie, puis il sent un appel des profondeurs de sa conscience diurne dont le langage symbolique se fera d'autant plus pressant. Cet appel de notre intériorité sur un support tangible, le monde extérieur, renvoie à l'appel du chaman dans lequel un signe est porté à notre attention. Il faut se méfier de soi-même au préalable et de ses désirs latents car l'interprétation du signe demande à se dégager de ses propres fantasmes.


Lorsque le signe est interpréter que pour soi-même, nous sommes dans une attitude schizophrénique dans laquelle la force symbolico-imaginative ne porte pas ses fruits, c'est-à-dire que nous ne percevons pas les différentes couches de réalité qui agissent de manière simultanée. Le signe est tant concret qu'abstrait, c'est un moyen d'indiquer par un support visible une réalité invisible. A mesure de notre pénétration du signe l'invisible devient visible et à sa tour cette marque tend à montrer d'autres couches de réalité encore invisible. Ce rapport dynamique du visible qui indique l'invisible, qui à son tour, une fois acquis, la part invisible devient visible et montre à nouveau une part invisible élève la conscience diurne de manière asymptotique et anagogique. L'asymptotique conçoit un élan d'un point de départ vers un point de fuite à l'horizon dont l'approche tend à l'infini, autrement dit la force symbolico-imaginative, qui dévoile le signe en question, est de nature infinie. La conscience diurne peut donc s'élargir à l'infini. Quant à l'anagogie, il s'agit de la compréhension qui découle de la force symbolico-imaginative et dé-voile le signe en élevant la conscience diurne de l'aspect concret à l'aspect abstrait, et de l'aspect tangible à l'aspect intangible. L'anagogie est une voie d'ascension de la conscience diurne.


Telle est la nature du photoglyphe et la voie du chaman Kırmızı Kurt. L'image 6 (personnage nain et chapeau) est un archétype qui lance un appel, mais ce message sera perçu différemment selon le degré d'introspection de l'observateur. Il y a des strates de compréhension qui se lient aux strates d'introspection, et des degrés de conscience qui trouvent sens à sa propre existence à mesure de la pénétration du réel.

Continuons notre aventure en compagnie de Kırmızı Kurt dans les méandres des rues parisiennes. Sur les murs d'une rue, il prit une photo afin de capter la lumière sur ce même mur, sans faire attention au support. Après avoir développé la photo, il se rendit compte du graffiti de couleur rouge où le mot "amour" était inscrit, et subitement il prit conscience que le photoglyphe lui-même écrivait ce même mot "Amour", sans la lettre "u". Comme un doublet de notre réalité, le photopglyphe met en lumière un message qui est déjà là, dans la matière, mais que notre habitude efface de notre conscience. Un autre jour, sur ce même mur, le photoglyphe apparu à nouveau mais entre temps l'inscription en rouge sur le volet a été effacée. En se retournant, il trouva une porte parsemée de petit coeur avec le mot "in love" en plus. La synchronicité fait partie de son quotidien.


10. Murs à Paris


La synchronicité dévoile une plasticité du temps et de l'espace en rapport avec un état plus dilué de l'attention, moins focalisé sur le quotidien, la conscience est plus détendue, ce qui lui permet de laisser transparaitre une autre réalité sous-jacente à la notre. Les mystiques s'appliquent à méditer pour acquérir cet état. Cet état est celui recherché par les grands mystiques, c'est-à-dire ne plus être obnubilé et happé par les phénomènes de tous les jours. Il s'agit de la conscience onirique décrit précédemment, celle qui nous permet d'entrer en contact avec d'autres êtres pensants et qui se présentent à l'observateur lorsque son état est plus détendu. De ce rêve éveillé, le quotidien se dissout et laisse émerger le Tjukurpa.


Désormais, je vais vous laisser découvrir les photoglyphes sans commentaire afin que le jeu de la conscience puisse agir sur vous. Sur ces photoglyphes parfois un tore vous apparaitra, une autre fois un personnage, ou encore une écriture, c'est à vous de méditer afin que la réalité invisible puisse transparaitre devant vos yeux. Je vous laisse également méditer sur le support et les messages qui les entourent.


Il reste tout à faire en psychologie, la psychologie est loin d'avoir comprit le fonctionnement de la psyché. L'un des problèmes majeurs de cette discipline est sa méthode, en effet, cette méthode à la fâcheuse tendance à démontrer, et à valider, sa propre vision du monde. C'est-à-dire que sa méthode fonctionne en vase clos et s'auto-légifère, cette approche n'est en aucun cas scientifique, ni intelligente.








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