Cap vers la Lumière

16 Oct 2019

Guillaume Attewell

 

Il me semble essentiel de comprendre, pour aborder l'ésotérisme et le chemin spirituel, ce qui m'apparaît comme étant le début, la fin, et le but de toute chose : « La Lumière originelle ». On ne peut aborder la quête des grands mystères de la vie sans avoir à l'esprit cette trajectoire plus que capitale qu'est la reliance avec le grand Tout, origines des origines. En effet, le seul et unique objectif selon moi valable et véritable est bien cette lumière originelle, l'origine de toute chose, en toute chose, unique révélatrice pour l'homme des mystères qui l'entoure. Et cela, nous allons l'observer depuis la voie Hermétique.

 

J'ai fait le choix de vous commenter humblement certains versets de la transmission du Corpus Hermeticum. Ici, il s'agira essentiellement du chapitre premier qui raconte une expérience mystique du maître Hermès Trismégiste (postulat que je propose, mais n'est pas explicitement cité dans le texte d'origine), expérience l'ayant « mis en contact » avec Pymandre qui, de source étymologique non clarifiée totalement, peut se traduire en partie par : « Le berger des hommes, la connaissance du dieu soleil » (pour approfondir cette source étymologique, je vous invite à lire : « Poimandrès, figure d’autorité dans la tradition hermétique », étude de Anna Van Den Kerchove).

 

Cap vers la lumière :

 

« À ces mots, il changea d'aspect et, à l'instant, tout me fut découvert ; j'eus une vision infinie ; tout devint une seule lumière, sereine et joyeuse, dont la contemplation me donna une félicité extrême » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 8). 

 

Dans ce monde où l'obscurité est aujourd'hui reine, et ou celle-ci illusionne le monde des hommes en usant de force occulte qui n'ont pas pour objectif d'illuminer les humains ; il convient, au moins mentalement dans un premier temps, de redresser les voiles de notre navire en direction de notre maison à tous, celle du « Père », de « Dieu », de cette lumière originelle et éternelle. Ce point est primordial et doit être, si je peux me permettre de le dire ainsi, avec fermeté, notre direction à tous ! Car seule cette lumière éternelle nous « délivrera » de ses forces ténébreuses avides de se nourrir de notre énergie vitale.

 

« Peu de temps après, dans une partie de cette lumière, des ténèbres effrayantes et lugubres descendirent et tournoyèrent en spirales sinueuses semblables à un serpent, me sembla-t-il. Puis ces ténèbres se transformèrent en une nature humide et indiciblement trouble, d'où s'éleva une fumée comme un feu, tandis qu'elle faisait entendre un bruit pareil à un gémissement indescriptible » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 9). 

 

L'homme, l'être divin primordial, est venu s'incarner dans les mondes de la dualité dans le but de s'expérimenter lui-même en dehors de sa nature originelle qui est celle de Dieu. Car oui ! À l'origine, nous sommes tous des dieux, nous sommes donc tous des lumières dans la lumière du grand Tout. Nous sommes « un », unité totale et Connaissante, venue vivre une expérience particulière étant celle de l'incarnation. Pour cela, nous avons « oublié », volontairement pourrions-nous dire, notre point d'origine, afin d'être pleinement immergé dans l’expérience. Pourquoi ? Et bien simplement parce qu'un être divin incarné, pleinement conscient de sa nature divine, donc omniscient de ce fait, ne peut avoir quelque chose à apprendre sur lui-même, car sachant déjà tout ce qui peut être connu. Alors nous faisons ce choix de descendre (d'involuer) pour se distancer du Père afin de perdre (au moins partiellement, et cela dépend de degré d'involution) la Gnose.

 

Il convient ici de faire un aparté notoire ! Je pense pour ma part que l'involution est surtout une histoire de distanciation, et non de séparation. En effet, en nous éloignant de Dieu, pour nous incarner ici-bas, nous prenons de la distance, mais je suis convaincu aujourd'hui que nous ne cherchons pas nécessairement à nous « couper » du Père. Le phénomène de séparation est selon moi un excès involutif conduisant au diabole, excès opéré pour des raisons que moi-même j'ignore, mais qui n'est pas le veut primaire de cette force descendante qu'est l'involution. Je pense qu'il est bien possible de vivre son involution simplement en se distançant, et non en cherchant à se séparer de la lumière originelle. Cet acte de séparation, que les vieux textes nous disent être volontaires chez certains (souvent raconté via les histoires des anges déchus, ou en tout les cas de ces êtres ayant fait le choix de se séparer de la source), est à mes yeux une tentation tellement puissante qu'elle les pousse à se scinder (peut-être même involontairement, ce que je me permets de penser). 

 

Revenons encore à la lumière :

 

« Alors il me dit : " Cette lumière, c'est moi, Noùs, ton Dieu, celui qui existait avant la nature humide issue des ténèbres. La Parole lumineuse qui émane du Noùs, c'est le Fils de Dieu." » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 15).

 

Cette parole, ce verbe des origines que nous portons tous en nous est ce qui doit être éveillé. C'est la vibration première nous rattachant au divin, notre corde avec laquelle nous sommes descendus dans la matière, et celle-ci n'est pas rompue pour celui qui sent dans son être, au plus profond de lui, l'appel du divin. Je parle souvent d'un : « appel des profondeurs », car celui-ci se manifeste souvent depuis ce qu'il y a de plus profond en nous, j'oserais même dire depuis ce qu'il y a de plus « souterrain ». Pourquoi ? Et bien parce que ce verbe, cette parole est enfermé dans notre condition matérielle. Cela n'est pas péjoratif ! C'est un état de fait qui n'a pas à être jugé ! Car tout le jeu de la quête spirituelle consistera à libérer cette parole enfermée (qui gît en enfer, mais pas un enfer religieux dogmatique et idéologique, mais un enfer initiatique comme celui que tout grand héros mythologique va devoir traverser pour retrouver sa « gloire » ; car on le sait, tout grand héros parvenu à braver cet enfer se voit être « couronné de gloire »).

 

« "Comprends-le. Ce qui en toi voit et entend, c'est la parole du Seigneur, et ton Noùs est Dieu le Père ; ils ne sont pas séparés l'un de l'autre, car leur unité est vie." » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 17). 

 

Comme je l'ai déjà évoqué, nous ne sommes pas séparés du Père, et le Père n'est pas séparé de nous. Ainsi le disait le Kybalion : « S’il est vrai que le Tout est dans le TOUT, il est également vrai que le TOUT est dans le Tout. Celui qui comprend parfaitement cette vérité possède déjà un grand savoir ». Nous sommes en chaque chose, et chaque chose est en nous. Nous sommes en Dieu, et Dieu est en nous. Cela est fondamental ! C'est aussi en se laissant éclairer par ce précepte qu'il nous sera possible de dresser notre voile dans la bonne direction ! Et cette bonne direction se résume par le verset 19 du chapitre premier du Corpus Hermeticum : « "Élève ton cœur vers la lumière, et connais-la" ». 

 

Une expérience mystique :

 

« Je distinguai tout ceci dans ma vision, grâce à la Parole de Pymandre. Comme j'étais tout entier hors de moi, il me dit encore : » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 22).

 

Pourquoi parlons-nous ici d'une expérience mystique ? Et bien parce que le maître le dit lui-même ! « Comme j'étais tout entier hors de moi ». Nous parlons donc bien d'une expérience en dehors du corps, libéré de la matière. C'est alors envisageable de dire qu'il est ici question de la conscience du maître qui se fait instruire directement par la lumière (en tout cas, un de ses aspects pourrions-nous dire de celle-ci, celui portant le nom de « Pymandre »).

 

« "Tu as vu dans le Noùs la belle forme originelle de l'homme, l'archétype, le principe originel antérieur au commencement sans fin." Ainsi me parla Pymandre » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 23).

 

Ainsi, cette expérience mystique lui fit retrouver l'unité, son origine, son état primordial (« l'Adam » du livre de la Genèse). C'est alors que le maître Connaît son origine, et retrouve le lien direct avec sa conscience, ce don de Dieu.

 

« Voilà pourquoi, seul de toutes les créatures de la nature, l'homme est double, à savoir mortel selon le corps, et immortel, selon l'homme fondamental » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 38). 

 

Toute l'essence de notre nature est résumée ici. Nous sommes double, mortels en matière, immortels en conscience. Notre conscience ne peut pas mourir puisque son origine est en dehors de l'espace et du temps, en dehors de la dualité, elle demeure originellement en l'unité, créé de toute pièce par la lumière elle-même comme un moyen d'aller s'expérimenter dans l'univers, la création. La conscience est un attribut divin, une volonté divine immanente (les hermétistes parlent alors souvent du « don de Dieu »). Voilà ce que nous sommes à la base, voilà ce qu'est l'être primordial, et tel est le but de notre quête ici-bas : « retrouver le lien avec notre conscience en dissipant l'obscurité de l'ego ». Et cela sera bien résumé dans ce verset qui va suivre !

 

« En effet, bien qu'immortel et souverain de toutes choses, l'homme subit néanmoins la condition des mortels, car il est soumis au destin. Donc, tout en provenant d'un domaine supérieur à la force de cohésion des sphères, cette force le tient en esclavage ; et tout en étant masculin-féminin parce qu'issu d'un Père masculin-féminin, et exempt de sommeil parce qu'issu d'un être exempt de sommeil, il est néanmoins vaincu par la convoitise des sens et le sommeil. » (Le Corpus Hermeticum, chapitre 1, verset 39). 

 

Je m'arrêterais ici pour cet article se voulant être uniquement destiné à remettre en perspective, par les textes hermétiques, la nature lumineuse de cette grande quête spirituelle. Sachez alors que tout ce qui anime votre quête, vous qui marchez dans les ténèbres comme chaque être incarné dans un corps, est l'amour divin qui est pure lumière et pure félicité. Cet amour est inconditionnel, sans forme, sans limites, sans condition, etc. Il est en votre conscience et non ailleurs ! Et celle-ci se cache dans votre cœur, au plus profond de votre être. Voilà ce que vous devez retrouver, voilà votre destination ! Cap vers la lumière ! Que votre navire soit solide, et que ces voiles vous portent jusqu'à votre origine !

 

Site internet: https://www.voieduphoenix.com

 

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