Les Enseignements de Silvanos (Texte de Nag Hammadi)


Portait du Fayoum


Mon fils,


Abolis toute puérilité, acquiers la force de l’intellect et (de) l’âme, renforce la guerre contre toute folie : passions érotiques, méchanceté pernicieuse, ambition, goût des querelles, la jalousie pénible, la fureur, la colère et le désir avaricieux ! Veille à votre camp avec des boucliers et des lances ! Arme-toi de tous les soldats, que sont les paroles, et des officiers que sont les conseils, et de ton intellect comme guide intérieur.


Mon fils, chasse tous les brigands loin de tes portes ; garde toutes tes portes avec des torches, que sont les paroles ; et tu acquerras par tout cela une vie tranquille ; mais celui qui ne veillera pas à cela deviendra comme une ville déserte qui a été prise : toutes les bêtes l’ont piétinée ; car ce sont des bêtes féroces, les pensées qui ne sont pas bonnes. Et ta ville sera pleine de brigands ; et tu ne pourras pas obtenir la paix mais rien que des bêtes sauvages. (Le) Malin, qui est tyran, est seigneur sur elles. En gouvernant cela, il est dans le grand Bourbier ; la ville tout entière, c’est-à-dire ton âme, périra.


Éloigne-toi de tout cela, ô malheureuse âme ! Fais entrer en toi ton guide (et) ton maître ; le guide, c’est l’Intellect, et le maître c’est le Verbe. Et ils t’emmèneront loin de la corruption et des dangers.


Écoute, mon fils, mon avis : ne présente pas ton dos [à t]es ennemis en fuyant, mais plutôt, poursuis-les comme (un) [f]ort. Ne deviens pas (un) animal que les hommes poursuivent ; mais deviens, au contraire, (un) homme qui poursuit les bêtes féroces, de crainte qu’elles ne l’emportent sur toi et qu’elles ne te piétinent comme (un) mort, et que tu ne périsses par leur cruauté. Ô malheureux homme, que feras-tu si tu tombes sous leurs pattes ? Veille sur toi-même, de peur d’être livré à tes ennemis ; livre-toi à cette paire d’amis (que sont) le Verbe et l’Intellect ; et personne ne l’emportera sur toi. Que Dieu réside dans ton camp, que son Esprit garde tes portes, que l’Intellect de la piété garde les murs ! Que le Verbe saint devienne la torche de ton intellect brûlant le bois qu’est tout le péché.


Mais si tu fais cela, ô mon fils, tu l’emporteras sur tous tes ennemis et ils ne pourront plus faire la guerre contre toi : ils ne pourront même pas, ni se mettre debout, ni marcher dans ta voie. Car si tu les rencontres, tu les mépriseras comme des moucherons. Ils te parleront en te [fla]ttant, en implorant (grâce) : non qu’ils te [crai]gnent toi, mais par crainte de ceux qui habitent en toi, c’est-à-dire les gardiens de la piété et de l’enseignement.


Mon fils, reçois en toi l’éducation et l’enseignement ! Ne fuis pas l’éducation et l’enseignement, mais si l’on t’enseigne, accepte avec joie, et si l’on t’éduque en quelque chose, fais ce qui est bien : tu tresseras une couronne d’éducation pour ton guide intérieur.


L’instruction sainte, revêts-la comme (une) robe ! Ennoblis-toi par la bonne conduite ! Impose-toi l’austérité de la discipline ! Juge-toi toi-même, comme (un) juge sage ! Ne laisse pas perdre mon enseignement et n’acquiers pas un défaut d’enseignement, de crainte que tu n’égares ton peuple ! Ne fuis pas le divin et l’enseignement qui sont en toi ; car celui qui t’enseigne t’aime beaucoup : il ne t’imposera en effet que ce qu’il faut d’austérité.


La nature animale qui est en toi, rejette-la loin de toi, et le raisonnement pervers, ne le laisse pas entrer en toi. Car c’est (déjà) beau si tu arrives à savoir de la façon que je t’enseigne. S’il est bon de gouverner le vi[sible], comme tu le vois, [combien] vaut-il mieux que tu gouvernes toutes choses, en étant chef de toute assemblée et tout peuple, et que |tu t’|élèves de toute manière par un verbe divin, en ayant dominé toute puissance tueuse d’âme.


Mon fils, est-ce qu’on désire habituellement devenir esclave ? Mais toi, comment (peux-tu) te troubler si cruellement ? Mon fils, ne crains personne, sinon Dieu seul, le Très-Haut ! La fourberie du Diable, rejette-la loin de toi ! Reçois la lumière dans tes yeux, et bannis de toi les ténèbres ! Conduis-toi dans le Christ et tu acquerras un trésor dans le ciel. Ne sois pas farci d’un tas de choses inutiles, et ne te fais pas, en toi, le guide de l’ignorance aveugle.


Mon fils, écoute mon enseignement, qui est bon, qui est utile, et mets fin au sommeil qui pèse sur toi ! Sors de l’oubli qui t’emplit de ténèbres ! Car si tu étais incapable de faire quoi (que) ce soit, je ne te dirais pas cela.


Mais le Christ est venu te faire ce don. Pourquoi poursuis-tu les ténèbres, alors que la lumière est à ta disposition ? Pourquoi bois-tu de l’eau trouble, alors que l’(eau) fraîche est à ta dispo[sition] ?


La Sagesse [t’]invite et tu veux la folie. Ce n’est pas par ta volonté que tu fais cela, mais c’est la nature animale qui est en toi qui le fait. La Sagesse t’invite dans sa bonté, en disant : « Ô insensés ! venez à moi, vous tous, recevez en don l’intelligence, bonne (et) excellente ! Je te donne un habit de grand-prêtre, tissé de toute sagesse ».


Qu’est-ce que la male mort, sinon l’ignorance ? Qu’est-ce que les ténèbres pernicieuses, sinon de connaître l’oubli ? Rejette ton souci sur Dieu seul ! Ne deviens pas épris de l’or et de l’argent, qui n’ont pas d’utilité, mais revêts-toi de la Sagesse comme d’une robe ; et coiffe-toi de la science comme d’une couronne ; siège sur un trône de perception ! Car ces (trois vertus) sont à toi : tu les récupéreras encore une autre fois.


Car un homme insensé revêt habituellement la folie comme robe — et comme vêtement de deuil, il revêt la honte — puis il se couronne d’ignorance ; et il siège sur un trône de stu[pidité]. Étant en effet [privé de rai]son, il s’égare lui-même, car il est guidé par l’ignorance, et il suit les chemins du désir de toute passion. Il nage dans les désirs de la vie, et il a (même) sombré, pensant gagner à faire toutes les ouvres qui n’ont pas d’utilité ! Le malheureux qui passe par tout cela mourra parce qu’il ne possède pas l’Intellect, le pilote ; mais il est semblable à un bateau que le vent ballotte de côté et d’autre, et (il est) comme un cheval qui s’est échappé sans cocher. Car cet (homme) aurait eu besoin du cocher qu’est le verbe. En effet, il s’est égaré, le malheureux, parce qu’il n’a pas voulu d’avis. Il a été ballotté de côté et d’autre par ces trois misères : il a acquis la mort pour père, l’ignorance pour mère, et les mauvais avis, il les a pris pour amis et pour frères : (c’est) pour que toi, insensé, tu pleures sur toi !


Désormais donc, mon fils, retourne à ta (part de) divinité. Ces mauvais amis [ru]sés, rejette-les loin de [toi, reçois en toi] le Christ, [l’]a[mi vrai], comme bon maître ! Rejette loin de toi la mort qui est devenue pour toi un père ; car la mort n’existait pas, ni n’existera à la fin. Mais puisque tu as rejeté loin de toi Dieu, le Père saint, la vie véritable, la source de la vie, à cause de cela, t’est échue la mort pour père, et l’ignorance, tu l’as acquise comme mère (et) tu as été privé de la vraie gnose. Mais retourne, mon fils, à ton premier Père, Dieu, et (à) la Sagesse, ta Mère, de qui tu es issu depuis le commencement, afin de lutter contre tous tes ennemis, les Puissances de l’Adversaire.


Écoute mon avis, mon fils : ne deviens pas arrogant contre tout bon sens, mais reçois en toi le maî|tre| de la piété, le Verbe ! Observe les commandements saints de Jésus Christ et tu règneras sur tout lieu de la terre ! Et tu seras honoré des anges et des archanges : alors tu les acquerras pour amis et co-serviteurs, et tu acquerras des lieux dans le [ciel, là-haut. Le divin [qui] est en toi, ne lui cause ni chagrin ni peine ; mais tu le choieras et le supplieras pour que tu restes saint et que tu deviennes continent en ton âme et ton corps ; et tu deviendras trône de la Sagesse, et familier de Dieu. Par elle, il te donnera une grande lumière.


Mais avant toutes choses, connais ta naissance. Connais de quelle essence tu es issu : de quel genre, de quelle tribu ? Sache que tu es issu de trois genres : de la terre, du modelé et du créé. C’est de la terre que le corps est issu, à partir d’une essence terrestre. Quant au modelé, il est issu en vue de l’âme, du souvenir du divin. Mais le créé, c’est l’intellect qui est venu à l’être selon l’image de Dieu. Tandis que l’intellect divin possède une essence issue du divin, au contraire, l’âme est ce qui a été modelé en eux-mêmes. Car je pense qu’elle est (la) femme de ce qui est né selon l’image. Le corps, enfin, qui est né de la terre, son essence est la matière.


[Si] tu te mélanges, tu acquerras, (tour à tour), [les] trois parties, en tombant de la vertu en un état inférieur.


Conduis-toi selon l’intellect ! Ne pense pas au charnel ! Acquiers la force ! Car l’Intellect est fort !

Si tu déchois de cette (force), tu es devenu mâle-femelle. Et l’essence de l’intellect, c’est-à-dire l’intellection, si tu la rejettes loin de toi, tu as retranché le mâle, tu t’es tourné vers la femelle seule. Tu es devenu psychique, (n’)ayant pris (que) l’essence du modelé. Si tu rejettes encore le peu (qu’il) en (reste), en sorte que tu n’aies plus une part humaine, mais que tu (n’)aies pris (que) la pensée et la ressemblance de l’animal, tu es devenu charnel, ayant pris une nature animale. Car il est difficile de trouver un psychique, combien plus (difficile encore) de trouver le Seigneur ! Et comme je (le) prétends, Dieu est le (seul) spirituel.


C’est de l’essence de Dieu que l’homme a pris forme. L’âme divine participe par un côté de lui ; mais en outre, par un autre côté, l’âme participe de la chair. L’âme médiocre penche habituellement de part et d’autre. [Qu’est-c]e qu’il en semble à la Vérité ? [Il vaut] mieux pour toi, ô hom[me], que tu penches vers l’homme plutôt que vers la nature animale, je (veux) dire la charnelle. Ce vers quoi tu pencheras tu en prendras la ressemblance.


Je te dirai encore un mot : une fois de plus, en quoi te complairas-tu ?


As-tu voulus, (ô âme), devenir animale quand tu fus dans une nature de cette sorte ? Bien plutôt, (tu voulais) participer à une vraie nature de la vie !


L’animalité t’emmènera dans le genre de la terre, tandis que la nature intelligible te mènera à des formes intelligibles. Penche vers la nature intelligible et rejette loin de toi la nature de provenance terrestre.


Ô âme persistante, abstiens-toi et écarte-toi de ton ivresse, c’est-à-dire de l’œuvre de l’ignorance. Si tu persistes à te conduire selon le corps, tu restes dans la rusticité. Lorsque tu es entré dans une génération corporelle, tu es née. |Quand| tu fus dans la chambre nuptiale, tu resplendis par l’intellect.


Mon fils, ne te mets pas à nager dans n’importe quelle eau, et ne te laisse pas souiller par des gnoses étrangères ! Est-ce que tu ne sais pas [que] les inventions de l’Adversaire ne sont pas peu nombreuses, et (que) les sortilèges qu’il possède sont variés ? L’homme |in|intelligent, particulièrement, a été privé du discernement du serpent. Il faut en effet que tu allies {l’astuce des} (les) deux : le discernement du serpent et l’innocence de la colombe, de peur qu’il n’entre chez toi sous la forme du flatteur, comme s’il était un vrai ami, en disant : « Je te donne de bons conseils », et que toi, tu n’aies pas compris sa fourberie, si tu l’as reçu chez toi comme un vrai ami.


Car les pensées mauvaises, il les jette dans ton cœur comme si (elles étaient) bonnes. Ainsi : l’hypocrisie sous l’apparence du discernement assuré ; la cupidité sous l’apparence de l’économie salutaire ; l’ambition sous l’apparence du beau ; la vantardise et la vanité sous l’apparence d’une grande austérité, et l’impiété comme u[ne gran]de piété. Car celui qui dit : « J’ai beaucoup de dieux » est sans dieu, et la gnose sans assises, il te l’injecte dans le cœur sous l’apparence de paroles secrètes. Qui pourra saisir ses pensées et ses manœuvres variées ? Il est (le) Grand Intellect pour ceux qui veulent le prendre comme roi.


Mon fils, comment pourras-tu saisir les intentions de celui-ci ou son dessein tueur d’âmes ? Nombreuses sont en effet ses manœuvres et les inventions de sa méchanceté. Et (comment pourras-tu) reconnaître ses portes, c’est-à-dire comment il va pénétrer dans ton âme, et sous quel vêtement il va entrer chez toi ?


Reçois en toi le Christ, qui a le pouvoir de te délivrer, (et) qui a adopté les manœuvres de celui-là, afin de s’en servir pour le renverser par ruse. Car c’est lui le roi que tu tiens (pour tel), qui est invincible en tout temps. Lui à qui nul ne pourra s’opposer, ni même adresser la parole, c’est lui qui est ton roi et ton père : car nul ne lui ressemble ! Le m[]tre divin est avec [toi en] tout temps : il est (un) secours. Mais il (ne) vient à ta rencontre (que)pour le bien qui est en toi.


Ne mets pas de parole méchante dans ton jugement : car tout homme méchant se nuit à lui-même.


En effet, seul un insensé marche vers sa propre ruine, tandis qu’un sage connaît sa voie.


Alors qu’un insensé ne s’abstient pas de répéter (les) secrets, un sage ne divulgue pas toute parole, mais il observera ceux qui écoutent. Ne divulgue pas toute parole en présence de gens que tu ne connais pas !


Fais-toi une foule d’amis mais non de conseillers ! Examine d’abord ton conseiller.


N’estime pas, en effet, tous les flatteurs : leur parole, il est vrai, est douce comme le miel, mais leur cœur est plein d’ellébore.


Car chaque fois qu’ils penseront qu’ils sont devenus (pour toi) un ami solide, alors, avec ruse, ils se retourneront contre toi et te précipiteront dans le Bourbier.


Ne te fie à aucun ami ! Car ce monde entier, c’est dans la ruse qu’il a versé, et tous les [homm]es s’agi[tent] [en vain].


Les choses [du] monde sont toutes inutiles et c’est en vain qu’elles se produisent.


Il n’y a pas |d’ami| ni même de frère, car chacun (ne) cherche (que) son profit. Mon fils, ne prends pas n’importe qui pour ami ; et si tu t’en fais un, ne te livre pas à lui : livre-toi à Dieu seul comme père et comme ami, car tous les hommes cheminent dans la ruse.

La terre entière est pleine de peine et de souffrance qui ne servent à rien. Si tu veux passer ta vie tranquillement, ne chemine avec personne ; et si tu chemines avec eux, sois comme ne cheminant pas.

Sois agréable à Dieu et tu n’auras besoin de rien. Conduis-toi avec le Christ et il te sauvera.


C’est lui, en effet, qui est la lumière véritable et le soleil de la vie. Car de même que le soleil visible illumine les yeux de la chair, ainsi le Christ illumine tout intellect et le cœur.


En effet, quelqu’un d’accablé dans (son) corps a une mort misérable, combien plus celui dont l’intellect est aveugle ! Car tout aveugle demeure incapable de voir ; [de même] celui qui n’a pas l’intellect sain, ne se réjouit pas d’acquérir la lumière du Christ, c’est-à-dire le Verbe.


En effet, toute chose visible est une empreinte de ce qui est caché. Car de même qu’un feu qui brûle en un lieu n’est pas confiné au lieu, ainsi en est-il du soleil qui est dans le ciel : tous ses rayons atteignent les lieux qui sont sur la terre. De même le Christ n’a qu’une seule substance, et il illumine tout lieu.


C’est ainsi aussi qu’il parle de notre intellect comme d’une lampe, qui brûle (et) qui illumine le lieu : étant dans une partie de l’âme, il en éclaire toutes les parties.


Je dirai en outre quelque chose de plus élevé que cela : l’intellect, selon la substance, est dans un lieu, c’est-à-dire dans le corps ; mais selon la pensée, l’intellect n’est pas en (un) lieu. Car comment serait-il en un lieu, alors qu’il contemple tous les lieux ?


Mais nous pouvons dire encore plus élevé que cela ! Ne pense pas, en effet, dans ton cœur, que Dieu est [en un l]ieu : si tu mets le S[eigneur du T]out dans un lieu, alors il faut que tu dises que le lieu est supérieur à celui qui habite dans le lieu. Car le contenant est supérieur au contenu. En effet, il n’y a pas de lieu que l’on appelle incorporel. Or, il ne serait pas juste que nous disions que Dieu est un corps. Car la conséquence, c’est que nous attribuerions croissance et décroissance à ce corps. Mais, celui qui subit cela ne continuera pas à être incorruptible.


Le Créateur de toute créature, il n’est pas difficile de le connaître ; mais il est impossible de saisir à quoi il ressemble. Car les hommes ne sont pas les seuls pour qui il est difficile de saisir Dieu : c’est aussi difficile pour toute nature divine, les anges et les archanges.


Il est nécessaire de connaître Dieu tel qu’il est ; (mais) il ne t’est possible de connaître Dieu par personne sinon le Christ, qui possède l’image du Père. Cette image manifeste en effet la ressemblance véritable, selon ce qui est manifesté. On ne connaît généralement pas (un) roi sans image.


Considère (bien) ceci, que Dieu est en tout lieu, et aussi qu’il [n’est en aucun] lieu. Selon [sa puissance], il est en tout lieu, mais selon sa divinité, il n’est en aucun lieu. C’est ainsi, en effet, qu’il est possible de connaître Dieu un peu : selon sa puissance, il est vrai, il emplit tout lieu ; mais selon la sublimité de sa divinité, rien ne le contient. Tout est en Dieu, et Dieu n’est en rien. Qu’est-ce donc que connaître Dieu ? Tout ce qui est dans la Vérité est Dieu.


Mais il est aussi impossible de contempler le Christ que le soleil. Dieu voit tout le monde : personne ne le contemple. Mais le Christ, sans envie, reçoit et donne, et c’est lui qui est la lumière du Père. C’est sans envie qu’il illumine : ainsi éclaire-t-il tout lieu.

Et le Christ est le Tout, lui à qui est échu le Tout de (la part de) Celui qui est. Car le Tout est le Christ sans l’incorruptibilité — en effet, si tu conçois le péché, (ce) n’est pas une essence — Car le concept de l’incorruptibilité, c’est le Christ. Et il est la Lumière qui brille sans être souillée.

Le soleil, en effet, (brille) en tout lieu impur, et n’en est pas souillé. Ainsi en est-il du Christ : certes, il est dans la déficience, mais il est sans déficience. Et même s’il a [été engendré], il est pourtant inengendré. Pareillement du Christ : si d’une part il est saisissable, d’autre part, selon sa substance, il est insaisissable. Le Christ est le Tout ; qui ne possède pas le Tout ne peut connaître le Christ.

Mon fils, n’aie pas l’audace de dire un mot de lui ! Et le Dieu du Tout, ne le limite pas à tes représentations intellectuelles. Car celui qui condamne ne sera-t-il pas |con|damné par celui qui condamne ? Certes il est bon de chercher et d’apprendre qui est Dieu. Le Verbe et l’Intellect sont des noms masculins. Celui qui veut (vraiment) apprendre à ce sujet, qu’il cherche sans agitation et avec crainte. Car le risque n’est pas mince de parler de ces sujets, puisque tu sais qu’on te jugera sur tout ce que tu dis.


Apprends aussi en cela, que celui qui est dans les ténèbres ne pourra rien voir, s’il ne reçoit pas la lumière et ne recouvre la vue grâce à elle. Examine-toi : as-tu, en général, la lumière, afin que, si tu cherches à ce sujet, tu saches comment en sortir ? Car beaucoup cherchent dans les ténèbres et ils tâtonnent en voulant connaître, alors que la lumière n’est pas à leur disposition.


Mon fils, ne permets pas à ton intellect de regarder fixement vers le bas, mais plutôt, grâce à la lumière, qu’il considère les choses d’en haut ; car la lumière vient toujours d’en haut. Même si (l’intellect) est sur terre, qu’il cherche à poursuivre les choses d’en haut. Illumine ton intellect de la lumière céleste, afin de te convertir à la lumière céleste.


Ne te lasse pas de frapper à la porte du Verbe et ne te décourage pas de marcher sur la voie du Christ. Chemines-y afin de recevoir le repos de tes labeurs. Si tu chemines par un autre chemin, tu n’en tireras aucun profit. Aussi bien ceux qui cheminent par la voie large, descendront finalement vers la corruption du Bourbier. Car l’Hadès est largement ouvert à l’âme, et le lieu de la corruption est large. Prends pour toi le Christ, la voie étroite : car il est accablé et supporte (une) souffrance à cause de ton péché.


Ô âme persistante, dans quelle ignorance es-tu ? Qui donc est le guide (qui t’entraîne) dans les ténèbres ? Combien de formes le Christ a-t-il prises pour toi ? Lui qui était Dieu, on le [trou]va comme homme parmi les hommes. Il est descendu dans l’Hadès, il a délivré les enfants de la mort. |Elle|les avait enfantés dans la douleur, comme l’a dit l’Écriture de Dieu et il (leur) scella le cour au fond de l’(Hadès). Et ses porches puissants, il les a brisés complètement. Et toutes les puissances, s’enfuirent quand elles le virent. C’était afin, malheureux que tu es, de t’arracher à l’abîme et de mourir pour toi en rançon de ton péché. Il t’a sauvé de la main puissante de l’Hadès.


Mais toi-même, prends la peine de lui marquer ton adhésion par un (simple) signe afin qu’il te fasse remonter avec joie. Or l’adhésion est le don au Christ, et c’est l’humilité du cœur. Le sacrifice acceptable est un cœur contrit.


Si tu t’humilies, tu seras élevé davantage ; Et si tu t’élèves, tu seras fortement humilié.

Mon fils, garde-toi de la méchanceté et ne laisse pas l’Esprit de la méchanceté te précipiter au fond de l’abîme. Car il est fou et amer ; il est une terreur et précipite tout le monde au fond de (la) fosse du Bourbier.


C’est une grande (et) bonne chose de ne pas aimer la fornication et de ne pas même penser du tout à cette misérable. Car penser à elle, c’est la mort. Or il n’est bon pour nul homme de tomber dans la mort. Car une âme qui a été trouvée dans la mort sera privée du Verbe. Mieux vaut, en effet, ne pas vivre plutôt que d’acquérir une vie animale.


Surveille-toi, de crainte de brûler des feux de la fornication ! Car elle a beaucoup d’archers à son service. Ceux-là, que tu ne connais pas, sont tes ennemis.


Ô mon fils, le vieux vêtement de la fornication, dépouille-le et revêts-toi de l’habit propre, brillant dans lequel tu seras beau. Mais quand tu portes ce vêtement, veilles-y bien. Détache-toi de tout lien afin d’acquérir la liberté. Si tu rejettes loin de toi le désir dont les manœuvres sont nombreuses, et que tu te débarrasses des péchés de la volupté, |alors tu.|.


Écoute, âme, mon conseil : ne deviens pas repaire de renards et de serpents, ni trou à dragons et aspics, ni tanière des lions, ou refuge des basilics ! Si cela t’arrive, ô âme, que feras-tu ? Car ce sont là les puissances de l’Adversaire. C’est par elles que tout ce qui est mort entrera en toi ; car leur nourriture, c’est tout ce qui est mort et toute impureté. En effet, si elles sont en toi, quoi de vivant entrera jusqu’à toi ? Les anges vivants t’exécreront. Tu étais temple : tu t’es faite tombeau ; cesse d’être tombeau et redeviens temple, afin que la droiture et la piété demeurent en toi. La lumière qui est en toi, (r)allume-la, ne l’éteins plus. Car personne n’allume une lampe pour (des) bêtes ni pour leurs petits.


(Mon fils), tes morts qui sont morts, relève-les ; car ils étaient vivants et sont morts à cause de toi. Rends-leur la vie, (et) à nouveau ils vivront ! Car l’arbre de la vie, c’est le Christ : il est la Sagesse.


Il est en effet la Sagesse, et aussi le Verbe ; Il est la Vie et la Puissance et la Porte ; Il est la Lumière et l’Ange et le Bon Pasteur.

Livre-toi à celui qui est devenu tout (cela) pour toi. Frappe en toi-même comme à une porte et chemine en toi comme (sur une) voie droite ! Car si tu chemines sur la vo[ie], il n’est pas possible que tu t’égares. Et si tu frappes chez celle-ci (la Sagesse), c’est à des trésors cachés que tu frappes. Car, étant Sagesse, il (le Christ) rend l’insensé sage. Elle (la Sagesse) est un royaume saint, et une robe brillante. En effet elle abonde d’un or qui te donne une grande gloire.

Pour toi, la Sagesse de Dieu est devenue une réplique de fou ; Pour t’élever, insensé, afin de te rendre sage. Et pour toi, la Vie est morte, lorsqu’elle était impuissante, Afin que, par sa mort, à toi qui étais mort, elle rendît la vie.

Livre-toi au Verbe, éloigne-toi de l’animalité ! Car l’animal se reconnaît (ainsi) : c’est celui qui n’a pas de verbe. Beaucoup en effet croient posséder le Verbe ; mais si tu les observes, leur parole est de l’animalité.


Jouis de la vraie vigne du Christ, rassasie-toi du vin véritable, qui ne comporte ni ivresse ni lie. Car en lui est la fin de la boisson, puisqu’il y a en lui de quoi réjouir l’âme et l’intellect par l’Esprit de Dieu. Mais pais d’abord (le troupeau de) tes raisonnements, avant d’en boire !


Ne te transperce pas avec le glaive du péché. Ne te brûle pas, ô malheureux, dans le feu de la volupté. Ne te livre pas aux mains des barbares comme un prisonnier, ni aux bêtes sauvages ! Ce qu’elles veulent, c’est te piétiner. Car elles sont comme des lions qui rugissent fort. Ne sois pas mort, de peur qu’elles ne te piétinent. Sois homme : il t’est possible, par le raisonnement, de l’emporter sur elles.


Mais l’homme qui ne fait rien qui soit digne de |Dieu, n’est| pas |digne de| l’homme raisonnable : l’homme raisonnable est celui qui craint Dieu. Or celui qui craint Dieu ne fait rien d’audacieux. Et celui qui se garde de rien faire d’audacieux est celui qui garde son guide intérieur : alors qu’il est un homme demeurant sur la terre, il se rend ressemblant à Dieu. Et celui qui se rend ressemblant à Dieu ne fait rien qui soit |in|digne de Dieu. Selon la voix de Paul, (c’est) celui qui est devenu ressemblant au Christ. Qui, en effet, vénère Dieu en ne voulant pas faire ce qui est agréable à Dieu ? Le culte de Dieu est en effet celui qui vient du cœur. Mais le culte de Dieu venant du cœur est (celui de) toute âme qui est proche de Dieu.


Et l’âme qui est familière de Dieu est celle qui est gardée pure. Or l’âme qui revêt le Christ, c’est elle qui est pure, et (dont) il est impossible qu’elle commette le péché. Et là où est le Christ, le péché est anéanti.


Que le Christ seul entre dans ton monde et qu’il anéantisse toutes les puissances qui sont venues sur toi ! Qu’il entre dans le temple qui est en toi, pour en expulser tous les marchands. Qu’il s’installe dans le temple qui est en toi, et puisses-tu devenir pour lui (un) prêtre et un lévite entré avec pureté ! Bienheureuse es-tu, âme, si tu le trouves dans ton temple ! Mais plus bienheureuse es-tu encore, si tu célèbres son culte !


Quant à « celui qui profanera le temple de Dieu, Dieu le détruira ». Car tu es manifestement (coupable), ô homme, si tu rejettes celui-là, (le Christ), de ton temple. En effet, chaque fois que les ennemis ne verront pas le Christ en toi, alors ils entreront armés en toi pour t’écraser.


Ô mon fils, je t’ai exhorté bien des fois à ce sujet, afin que tu gardes ton âme à tout instant. Ce n’est pas toi qui le rejetteras de toi, mais c’est lui qui te (re)jettera. Car si toi tu fuis devant lui, tu tomberas dans un grand péché. De plus, si tu le fuis, tu deviendras (la) pâture de tes ennemis. Car tous les êtres vils fuient leur seigneur, et celui qui est vil dans la vertu et la sagesse fuit généralement le Christ. En effet tout homme qui est séparé tombe dans les griffes des bêtes.


Qui est le Christ ? Connais-le et fais de lui ton ami. Car c’est lui, l’ami fidèle, lui encore, qui est Dieu et maître,

C’est lui qui, étant Dieu, est devenu homme pour toi. C’est lui qui a brisé les bâcles de fer de l’Hadès, et les verrous de bronze ; C’est lui qui a attaqué (et) renversé tous les tyrans superbes ;

Lui qui s’est libéré des liens |dont il| était attaché ; Il fit sortir les pauvres de l’abîme, Et les affligés de l’Hadès.

Lui qui humilia les puissances orgueilleuses ; Lui qui fit honte au présomptueux par son humilité ; Lui qui renversa le fort et le mépriseur d’hommes par sa faiblesse ; Lui qui dédaigna, dans son dédain, ce qu’on tient à honneur, Afin que l’humilité pour Dieu fût d’autant plus grandie.

Lui qui revêtit l’homme, et qui est Dieu, le Verbe divin ; Lui qui porte l’homme en tout temps, Et qui a voulu produire l’humilité chez l’orgueilleux. Celui qui a exalté l’homme et devint semblable à Dieu : Non de telle sorte qu’il abaissât Dieu jusqu’à l’homme, Mais pour que l’homme devînt ressemblant à Dieu.

Ô la grande bonté de Dieu ! Ô Christ, roi qui a manifesté aux hommes la grande piété ! Roi de toute vertu et roi de la vie ! Roi des éons et souverain des cieux, Écoute mes paroles et pardonne-moi !

Et encore : il (Paul) manifesta un grand zèle de piété : « Où y a-t-il (un) homme intelligent, sage ou puissant, ou un homme aux multiples tours qui connaisse la sagesse ? Qu’il parle de la sagesse, qu’il fasse montre d’une grande vanité ! Car tout homme est devenu fou », a-t-il dit dans sa science. « En effet il (le Christ) a déjoué les desseins des gens rusés, et il a attrapé les sages à leur propre intelligence. Qui pourra découvrir le dessein du Tout-puissant ou parler de la divinité ou l’exprimer convenablement ? » Si nous n’avons même pas été capables de saisir les desseins les uns des autres, qui pourra connaître la divinité ou les divinités des cieux ? Si les (êtres) qui sont sur la terre, à peine nous les trouvons, qui scrutera les (êtres) du ciel ?


Au monde est apparue une grande puissance et une grande gloire, et la vie du ciel veut tout renouveler pour rejeter ce qui est faible et toute forme noire, pour que chacun resplendisse dans des vêtements célestes, afin de manifester combien l’ordre du Père resplendit. Et pour couronner ceux qui veulent lutter noblement, le Christ est arbitre, lui qui a couronné chacun. Il enseigne à chacun à lutter, lui qui lutta le premier, reçut la couronne, domina en vainqueur, se manifesta en illuminant chacun. Et c’est par l’Esprit Saint et l’Intellect que tout a été renouvelé.


Seigneur tout-puissant, combien je te rendrai gloire ! Mais personne ne peut rendre gloire à Dieu tel qu’il est !

C’est toi qui as glorifié ton Verbe pour sauver chacun, ô Dieu miséricordieux !

Celui qui est sorti de ta bouche, et qui est monté de ton cœur, le Premier-né,

La Sagesse, le Prototype, la première Lumière !

Car il est Lumière issue de la puissance de Dieu, Et il est une pure émanation de la gloire du Tout-puissant, Et il est le miroir sans tache de l’activité de Dieu, Et il est l’image de sa bonté.

Car il est aussi la lumière de la Lumiè[re] éternelle, Il est la vue qui contemple le Père invisible, Il accomplit son service en tout temps et crée par la volonté du Père, Lui qui fut seul engendré par le bon plaisir du Père.

Car il est un Verbe insaisissable, et il est la Sagesse et la Vie. Tous les êtres vivants et les puissances, il les vivifie et les nourrit, Comme l’âme vivifie tous les membres.

Il gouverne le Tout par la puissance et le vivifie, Car c’est lui le commencement et la fin de toutes choses, Il veille sur le Tout et le contient.

Et il se donne de la peine pour toutes choses, et se réjouit, puis s’afflige à nouveau : il s’afflige d’une part pour ceux à qui est échu le lieu du châtiment ; il se donne de la peine d’autre part pour ceux qu’il mène laborieusement à la sagesse ; mais il se réjouit pour tous ceux qui sont dans la pureté.


Prends donc garde à toi de crainte que tu ne tombes aux mains des brigands. Et n’accorde pas de sommeil à tes yeux, ni même d’assoupissement à tes paupières, afin d’échapper comme une gazelle à des filets, et comme un oiseau à un piège. Livre le grand combat tant que le combat dure, alors que toutes les puissances ont le regard fixé sur toi, et non seulement celles qui sont saintes, mais aussi toutes les puissances de l’Adversaire. Malheur à toi si tu es vaincu au milieu de tous ceux qui t’observent ! Si tu livres le combat et que tu triomphes des puissances qui luttent contre toi, tu causeras une grande joie à tous les saints, et tu causeras une grande affliction à tes ennemis. Ton arbitre t’aide pleinement, voulant que tu sois vainqueur.


Écoute, mon fils, et ne sois pas dur d’oreilles ! Élève-toi comme un aigle, ayant laissé derrière toi ton vieil homme. Crains Dieu dans toutes tes actions, et, par l’ouvre bonne, rends gloire à Dieu, sachant que tout homme qui n’est pas agréable à Dieu est le fils de la perdition : il descendra dans l’abîme de l’Hadès !


Ô patience de Dieu qui supportes chacun ! Toi qui veux que soient sauvés Tous ceux qui ont succombé au péché !

Mais personne ne l’empêche de faire ce qu’il veut. Qui donc serait plus fort que lui pour l’en empêcher ? Certes, c’est lui qui (n’a qu’à) toucher la terre pour la faire trembler, et aussi pour faire fumer les montagnes ! Lui qui a rassemblé la mer, si grande, comme dans une outre, et en a jaugé toute l’eau dans sa paume.


Or c’est la main du Seigneur, à elle seule, qui a créé tout cela. Car celle-ci est le Christ, la main du Père, et elle façonne le Tout. C’est par elle que le Tout est venu à l’existence, tandis qu’elle est devenue la mère du Tout. Voilà ce qu’il est en tout temps, puisqu’il est Fils du Père.


Réfléchis à Dieu, le Tout-puissant, qui existe en tout temps : n’était-il pas roi en tout temps, de crainte, (s’il ne l’eût pas été), qu’il ne fût dépourvu du Fils divin ? Tout habite en effet en Dieu : ce (tout) qui est né par le Verbe, c’est-à-dire (par) le Fils, l’image du Père ! Car Dieu est proche, et non pas éloigné. Qui est sa limite ? Ce sont les êtres divins, familiers de Dieu.


O, si ce Divin s’accorde avec toi sur une chose (ne fût-ce qu’)en partie, sache que le Divin tout entier est d’accord avec toi. Mais ce Divin ne se plaît en rien de méchant ; car c’est lui qui enseigne à tout homme le bien. C’est lui que Dieu a donné au genre humain, afin que, grâce à lui, tous les hommes deviennent supérieurs à tous les anges et archanges.


Dieu, en effet, n’a besoin d’examiner aucun homme. Il connaît toutes choses avant qu’elles ne se produisent et il connaît les secrets du cœur. Or, tous sont dévoilés et défaillants devant lui. Que nul ne dise jama[is qu]e Dieu est ignorant. Car il n’est pas juste de jeter dans l’ignorance l’Artisan de toute créature. En effet, même ce qui est dans les ténèbres est devant lui comme (dans) la lumière.


D’ailleurs rien d’autre n’est caché sinon Dieu lui-même. Or il est apparent en toutes choses et il est fort caché ; mais il est apparent parce que Dieu |est| connu grâce au Tout. Même s’ils ne veulent pas le dire, ils seront confondus par leur cœur. Mais il est (aussi) caché parce que nul ne comprend les (mystères) de Dieu. Car il est (trop) intraçable et insondable pour (qu’on puisse) connaître le dessein de Dieu.


Et encore : il est difficile de suivre ses traces, et il est difficile de trouver le Christ. Car il (Dieu) est celui qui habite en tout lieu, et d’autre part il n’est pas dans un lieu. Car nul, même s’il le voulait, ne pourrait connaître Dieu tel qu’Il est, non plus que le Christ, ni l’Esprit, ni le chœur des anges, ni encore les archanges, ainsi que les Trônes des Esprits et les Dominations élevées, et le Grand Intellect. Si tu ne te conn[a]is pas [toi]-même, tu ne pourras (a fortiori) pas connaître tous ceux-là.


Ouvre-toi la porte, a[fi]n de connaître Celui-qui-est. Frappe en toi-même, afin que le Verbe t’ouvre. Car il est la porte de la foi et le glaive affilé, s’étant fait tout à tous, parce qu’il veut avoir pitié de chacun.


Mon fils, prépare-toi à échapper aux Cosmocrators des ténèbres, et (à) cet air-ci, fait de sorte qu’il est plein de puissances. Mais si tu possèdes le Christ, tu vaincras ce monde tout entier. Ce que tu ouvriras pour toi, tu l’ouvriras ; là où tu frapperas pour toi, tu frapperas en étant utile à toi-même. Aide-toi, mon fils, en ne cheminant pas avec ce qui n’a pas d’utilité.


Mon fils, purifie-toi d’abord en vue du comportement extérieur, afin de pouvoir purifier celui de l’intérieur. Et ne deviens pas comme un marchand de la parole de Dieu. Examine d’abord toutes les paroles avant de les exprimer. Ne désire pas acquérir les gloires qui n’ont aucune consistance, ni la fanfaronnade qui te mène à la corruption. Reçois en toi la sagesse du Christ patient et aimable, et garde-la, ô mon fils, en sachant que la voie de Dieu est un profit en tout temps.


J(ésus) C(hrist), F(ils de) D(ieu), S(auveur), merveille extraordinaire.

Posts à l'affiche
Posts Récents
Archives
Rechercher par Tags
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square
NEWS LETTER